Violences conjugales : les traumatismes crâniens souvent négligés
Les victimes de violences conjugales souffrent fréquemment de traumatismes crâniens non diagnostiqués, un enjeu de santé publique majeur à Montréal.
Un constat alarmant sur le terrain
Guylaine Simard, directrice du Refuge des femmes de l'Ouest de l'Île à Montréal, alerte sur une problématique médicale récurrente chez les femmes victimes de violence de la part d'un partenaire intime. Ces femmes présentent des séquelles neurologiques qui passent souvent inaperçues lors des consultations médicales standards.
Les chocs physiques subis au cours des agressions peuvent entraîner des lésions cérébrales qui ne sont pas toujours immédiatement visibles par imagerie médicale conventionnelle. Ces traumatismes impactent durablement la qualité de vie, la santé mentale et la capacité de résilience des survivantes.
L'impact des traumatismes cérébraux non traités
L'absence de prise en charge spécifique pour les lésions cérébratrices peut aggraver les symptômes déjà présents chez les victimes, notamment :
- Des troubles cognitifs tels que des difficultés de concentration ou de mémoire ;
- Des changements d'humeur et une instabilité émotionnelle accrue ;
- Des maux de tête chroniques et des troubles du sommeil ;
- Une fatigue persistante sans cause physique évidente.
Ces symptômes sont parfois mal interprétés par le corps médical, qui peut les attribuer exclusivement à des troubles de santé mentale comme le trouble de stress post-traumatique (TSPT), négligeant ainsi la composante organique de la blessure.
Un besoin de sensibilisation accrue
Le travail mené par le Refuge des femmes de l'Ouest de l'Île souligne la nécessité d'une meilleure collaboration entre les intervenantes sociales et le corps médical. Une reconnaissance précoce des signes de traumatismes crâniens permettrait d'orienter les victimes vers des spécialistes en neurologie et en réadaptation.
La sensibilisation des professionnels de santé est essentielle pour transformer le parcours de soin des victimes. Une approche multidisciplinaire, combinant soutien psychologique et suivi neurologique, est indispensable pour traiter l'intégralité des dommages subis lors des cycles de violence domestique.
